Un coworking (gratuit) à Paris

Souvenez-vous. En 2016, je me lance à mon compte avec le statut prestigieux d’Auto-entrepreneur. Un embarquement immédiat dans l’univers fou de l’entreprenariat.

Après 8 mois de dur labeur à parcourir la France, je me rends compte qu’une assistance ne serait pas de trop pour m’épauler dans mes missions quotidiennes. À ce stade de ma prestigieuse carrière dans le revenue management, mes activités oscillent entre l’externalisation de la fonction revenue manager et la formation auprès d’hôteliers et de leurs équipes.

En bref, je n’ai plus beaucoup de temps libre pour prendre le temps de développer et surtout arriver à me poser pour écrire ma vision des choses : c’est-à-dire là où je veux aller. Je pense que c’est l’une des choses les plus importantes que doit faire tout entrepreneur à ses débuts : savoir là où il veut aller. Quel est son point d’atterrissage ? Quel est son objectif Lune ?

À ce moment précis, en 2017, je n’en ai pas la moindre idée. Je suis pris dans un tourbillon de travail qui ne cesse de s’arrêter. Les journées de formation s’enchainent jusqu’à tard mais sont riches d’enseignement. C’est comme si je réalisais une étude de marché grandeur nature.

Me vient alors l’idée d’engager un stagiaire. Pendant six mois, ce sera une précieuse aide pour me dégager du temps de prendre le temps de réfléchir à mon point d’atterrissage.

À la recherche d’un bureau pour deux à Paris

Alors voilà, une problématique nouvelle s’offre à moi. Je fais venir un stagiaire à la capitale pour travailler avec moi. Mais où va-t-on bien pouvoir travailler tous les deux ? La location d’un bureau n’est pas imaginable à ce stade de développement, ni même 2 places dans un espace de coworking. Je n’ai pas (encore) les moyens financiers pour absorber cette nouvelle dépense (superflu).

Pendant mes premiers mois de freelance, mes espaces de travail varient entre mon ancien bureau chez mon ex-patron qui reste vide lorsque je ne suis pas là, et ma table à manger dans mon appartement. Deux coins de table qui font bien l’affaire cinq jours par semaine.

Avec un stagiaire à mes côtés, je me vois mal travailler cinq jours par semaine chez mon ex-patron alors que ma tentative est de me libérer de cette étiquette de salarié qui me colle à la peau et arriver à m’extirper avec succès.

Je pars à la recherche des espaces de coworking gratuits à Paris. Quelques recherches Google plus tard, et je dresse la liste de trois endroits qui ont l’air de répondre à mes exigences :

  • une connexion Wi-Fi
  • des tables hautes et assez grandes pour travailler (exit les tables bistrot des cafés parisiens)
  • des prises électriques à proximité pour éviter les pannes de batterie en plein milieu de journée (alias digital nomad)
  • et surtout des espaces gratuits sans obligation de consommer

Mon expérience des coworkings gratuits à Paris

La première adresse que nous testons avec André est le célèbre coworking du Numa. Le rez-de-chaussée est ouvert au public du lundi au vendredi. On peut y trouver des grandes tables, et un paquet de multiprises. Pour couronner le tout : c’est gratuit !

Si vous avez un petit creux, un espace snack est ouvert dès le matin pour y prendre un café avec un pain au chocolat, puis se transforme en sandwicherie à l’heure du déjeuner. L’endroit idéal !

Si idéal que je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un loup quelque part. En effet, j’ai raison. Quelques jours par mois, le rez-de-chaussée du Numa est privatisé pour la journée : adieu espace de coworking gratuit !

Une simple organisation avec une gestion assidue de Google Agenda, et le tour est joué ! Mais non… Bien que le Numa prône être l’un des incubateurs de référence dans la sphère des start-up, ils ne sont pas capables de mettre à jour l’ouverture du coworking au public sur leur site. Ce qui entraîne des journées de frustration où André et moi, nous rendons dès l’ouverture du coworking à neuf heures tapantes et où, circonspects, nous nous retrouvons face à une porte close avec les mots « coworking fermé pour la journée » inscrits sur une feuille A4.

Une vraie galère le coworking du Numa…

Numa Coworking
39 rue du Caire, 75002 Paris
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Après la mésaventure du Numa ouvert sur rendez-vous, je décide de tester une nouvelle adresse à quelques pas de là. Direction la Gaîté Lyrique. Le lieu est top pour y bosser : des grandes tables avec des chaises d’écolier. Des prises disséminées un peu partout pour recharger son laptop. L’endroit est spacieux, juste un peu sombre à mon goût à cause de mon besoin de lumière permanent.

Le seul bémol concerne les horaires d’ouverture : à partir de 14h du mardi au vendredi. Comment faire pour compiler une journée de travail de 8h à partir de 14h ?

C’est à partir de cet instant que j’expérimente avec André le télétravail d’équipe. Le matin chacun bosse chez soi. Puis on se retrouve devant la Gaîté à 14h (toujours) tapantes !

La ponctualité est de mise si vous souhaitez avoir une place pour bosser tout l’après-midi à la Gaîté Lyrique. 14h01, et il est déjà trop tard. C’est un peu le revers de la médaille des endroits gratuits. Il faut y être tôt et à l’heure pour s’assurer une place tranquille pour travailler toute la journée.

À vos marques, prêts, partez !

La Gaîté Lyrique
3bis rue Papin, 75003 Paris
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Jamais deux sans trois

Après le Numa et la Gaîté Lyrique, il fallait bien tester un troisième QG pour mon activité d’entrepreneur nomade. En fait, cela a été plus une obligation qu’une volonté de notre part.

Voici notre histoire.

Nous avions décidé la veille de nous retrouver avec André au Numa pour travailler dans notre bureau annexe. J’avais pris le temps de vérifier sur le calendrier en ligne du Numa si une conférence était organisée mais rien à l’horizon. Pour nous, le coworking était bien ouvert.

Nous nous retrouvons donc avec André le lendemain à 9h tapantes devant l’entrée du Numa. Nous franchissons la porte d’un pas assuré lorsqu’une nana nous arrête et nous dit : « vous venez pour le workshop ? » Et à nous de répondre : « Euh non, pour le coworking ». Et là s’ensuit une blague : « Désolé messieurs mais le coworking est fermé pour la journée. Un atelier est prévu toute la journée. Nous avons scotché un mot sur la porte hier soir pour prévenir les habitués du coworking ».

What the fu** ? Tu viens de nous dire que tu as scotché un mot sur la porte du Numa hier soir pour prévenir que le coworking était fermé toute la journée ? Vraiment ? Tu crois vraiment que tous les soirs on se balade devant le Numa pour vérifier si une feuille A4 est placardée sur la porte en verre ? Tu connais Google Agenda ? La techno ?

Quand vous savez que Numa accompagne les entreprises dans leur transformation digitale, je pense qu’il y a un couac quelque part… Ou bien je n’ai rien compris à la définition du digital.

Après cet instant humour, nous décidons de squatter un Starbucks pour la matinée, attendant patiemment que la Gaîté Lyrique ouvre ses portes à 14h. Je vous passe les détails de notre matinée de travail au Starbucks même si celui de la rue Rambuteau est idéal pour travailler le matin. Les touristes ne sont pas encore là, et il y a une grande table pour y bosser confortablement. Une solution temporaire pour prendre notre mal en patience.

La journée vire à la catastrophe. Nous arrivons devant les portes encore closes de la Gaîté Lyrique. Je m’approche pour vérifier que la fille du Numa n’a pas collé une feuille A4 sur la porte d’entrée… Stupéfaction ! La fille du Numa a encore récidivé. La Gaîté Lyrique est fermée toute la journée pour cause de dégât des eaux… Malédiction sur nous !

Je ne m’avoue pas vaincu et je propose à André de tester une troisième adresse que j’avais inscrit dans Mes Adresses sur Maps (vous avez dit digital nomad ?). Ni une ni deux, et nous nous retrouvons à faire la queue devant l’entrée de la bibliothèque du Centre Pompidou (la BPI pour les intimes).

Après avoir franchi les portiques de sécurité, nous embarquons par l’escalator pour une destination inconnue. La BPI est immense. Il y a du monde mais on ne se sent pas à l’étroit face à la grandeur du lieu. Il y a tout ce qu’il faut pour bosser tranquillement : des grandes tables avec des prises un peu partout. Un Wi-Fi du tonnerre (même si celui du Numa a quand même de grandes qualités).

Mais voilà. Vous l’aurez compris : c’est trop beau pour être vrai. Déjà la BPI est ouverte uniquement à partir de 12h (tout le monde fait grasse mat’ ?). Et secondo, c’est un endroit ultra calme où le silence est roi. Pour passer un coup de fil, il faut traverser les immenses couloirs et après 5 minutes de marche forcée, on arrive dans un petit espace où le bruit est autorisé. Il m’est donc impossible de répondre instantanément au téléphone lorsque la sonnerie retentit. Je dois obligatoirement me lever, faire une marche nordique jusqu’à l’espace téléphone et rappeler mon correspondant. Pas pratique tout ça…

Bibliothèque publique d'information (Centre Pompidou)
19 rue Beaubourg, 75004 Paris
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En résumé

Si vous êtes arrivé à lire mon histoire jusque là, vous vous doutez bien que trouver un espace de coworking gratuit à Paris pour une équipe de 2 personnes n’est pas si simple. Si vous êtes seul, vous ne rencontrerez pas les mêmes galères car vous n’avez qu’à trouver une solution qui soit confortable seulement pour vous.

Et encore mieux, le prix des espaces de coworking pour une personne ne sont pas délirants : entre 300€ et 400€ par mois est une charge qui peut être largement absorbée par vos revenus si vous avez une activité qui compte déjà quelques clients réguliers.

Bien sûr, je vous entends dire que travailler de chez soi pour un freelance est la meilleure des solutions mais c’est un tout autre débat que j’engagerai par la suite. Chaque chose en son temps.

Donc si vous avez besoin de trouver un lieu gratuit pour travailler en équipe à Paris, je vous conseillerai toujours d’avoir une liste qui recense plusieurs lieux afin de ne pas vous retrouver sans solution alternative (et à la rue).

Je vous partage ce lien de février 2017 qui référence 8 lieux et espaces de coworking preque gratuits à Paris dont le Numa et la BPI font partie. Ça peut en aider plus d’un !